Familles modestes et recours aux modes d’accueil : le grand écart
Difficile de conduire une politique d’accueil du jeune enfant sans connaissance précise de la fréquentation des modes d’accueil sur les territoires : or jusqu’à aujourd’hui les données micro-locales manquent. L’expérimentation du Fichier localisé des enfants usagers d’Eaje (Filoué) menée par la Caisse nationale des allocations familiales (CNAF) vise à combler cette absence de connaissance.
Un recours pour 44 % des familles
L’analyse porte ici sur les communes de Toulon et La Seyne-sur-Mer, dans le Var, où comme dans le reste du pourtour méditerranéen l’offre d’accueil collectif est plus importante que la moyenne nationale – 19,5 places pour 100 enfants de moins de trois ans – et l’offre d’accueil individuel moindre – 33,4 places pour 100 enfants de moins de trois ans.
Fin 2017, 44 % des familles habitant sur l’une de ces communes et ayant un enfant de moins de trois ans ont recours à un ou plusieurs modes d’accueil. Les crèches accueillent 24 % des familles, les assistantes maternelles 14 % et 12 % des familles bénéficient du congé parental – Prestation partagée d’éducation de l’enfant (Prepare).
Mode d’accueil et revenus
Sans surprise, le recours aux modes d’accueil varie selon les revenus des familles : celles dont les ressources se situent sous le seuil de bas revenu sont 22 % à utiliser un ou plusieurs modes d’accueils, les autres au dessus de ce seuil sont 58 %.
L’écart est particulièrement marqué pour les familles bénéficiant du Complément mode de garde (CMG) et recourant à l’accueil individuel. Les familles modestes sont seulement 2 % à bénéficier d’un CMG contre 21 % des autres familles. Cet écart se réduit s’agissant de l’accueil collectif : 17 % des familles modestes y ont recours et 28 % des familles aux ressources plus élevées.
L’étude révèle enfin que plus de la moitié des familles résidant sur ces communes n’utilisent aucun mode d’accueil (56 %). Plus finement encore, elle montre que 34 % des parents bi-actifs et 45 % des familles monoparentales actives n’ont pas recours aux modes d’accueil.